Ce résumé de la mise à jour économique du Québec est fourni à titre informatif seulement. Il ne constitue pas une opinion fiscale ni un avis professionnel. Assurez-vous de consulter votre conseiller d’affaires avant de prendre toute décision.
Le ministre des Finances du Québec, Eric Girard, a présenté mardi après-midi sa mise à jour économique à l’Assemblée nationale. Il s’agit de la dernière avant les élections générales du 5 octobre 2026, ce qui lui confère un poids tout particulier. Cette révision s’inscrit également dans le sillage du budget fédéral déposé le 4 novembre 2025. Il était donc à prévoir que le ministère des Finances du Québec réagisse à certaines mesures fiscales annoncées ou confirmées par Ottawa.
Contexte
Le 25 mars 2025, le ministre des Finances déposait son budget « Pour un Québec fort », anticipant des turbulences économiques liées aux droits de douane américains. Le plan reposait alors sur une croissance modeste : un PIB prévu de 1,1 % en 2025 et de 1,4 % en 2026.
Or, la mise à jour économique arrive dans un contexte encore plus prudent, avec une croissance révisée à 0,9 % en 2025 et 1,1 % en 2026. Le taux de chômage a atteint 5,7 % durant les dix premiers mois de 2025 et devrait s’établir à 5,6 % en 2026.
Malgré ces vents contraires, le niveau de vie et le pouvoir d’achat des ménages québécois ont progressé plus rapidement que ceux de l’Ontario et du reste du pays entre 2018 et 2024. La mise à jour souligne aussi que la dette nette du Québec représente désormais 39,7 % du PIB, en baisse par rapport au niveau prépandémie de 42,9 %.
C’est dans ce portrait économique contrasté, et en pleine transformation mondiale, que le ministère Girard dépose sa mise à jour sous le thème : « Protéger notre pouvoir d’achat et notre économie ».
Objectifs principaux
La mise à jour économique est bâtie autour de trois éléments, soit :
1- Protéger le pouvoir d’achat des particuliers par des investissements de 5,9 G$ sur 5 ans :
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- Réduction des cotisations sociales (1,8 G$);
- Indexation du régime fiscal et des prestations d’assistance sociale (4,1 G$);
2- Accroitre la résilience des entreprises du Québec par des investissements de 2,5 G$ sur 5 ans :
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- Stimuler l’investissement des entreprises;
- Réduire les cotisations sociales des employeurs;
- Favoriser le développement économique des régions;
- Créer des chaires de recherche dans des domaines stratégiques;
3- Maintenir l’objectif de retour à l’équilibre budgétaire au plus tard en 2029-2030.
Mesures principales
Harmonisation aux mesures fiscales fédérales
Dans le cadre du Point sur la situation économique et financière du Québec, le gouvernement du Québec s’est harmonisé à certaines mesures fiscales fédérales annoncées lors du budget du 4 novembre dernier. Parmi celles-ci, on y retrouve les mesures suivantes :
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- Passation en charge immédiate pour les bâtiments de fabrication ou de transformation;
- Annulation de la hausse du taux d’inclusion des gains en capital;
- Annulation de l’incitatif aux entrepreneurs canadiens;
- Augmentation de l’exonération cumulative des gains en capital à 1,25 M$;
- Ajustement des règles portant sur les prix de transfert en ce qui concerne les normes d’application.
Les changements apportés aux mesures suivantes par le gouvernement fédéral n’ont pas été retenus par le gouvernement du Québec, c’est donc dire que les mesures des gouvernements fédéral et du Québec demeureront différentes notamment au niveau des éléments suivants :
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- Prestations fédérales automatisées pour les personnes à faible revenu;
- Crédit d’impôt compensatoire;
- Programme d’encouragements fiscaux pour la recherche scientifique et le développement expérimental (RS&DE);
- Report d’impôt au moyen de paliers de sociétés;
- Ajustement des règles portant sur les prix de transfert en ce qui concerne les pénalités et le traitement des redressements secondaires.
À noter que les changements concernant les fiducies et la règle des 21 ans ainsi que l’application de la TPS/TVH et TVQ aux services d’ostéopathie ont été harmonisés plus tôt ce mois-ci, le 14 novembre 2025. Pour relire le résumé des mesures fédérales et leurs impacts potentiels, c’est ici.
Indexation du régime d’imposition des particuliers
Comme à chaque année, le régime d’imposition des particuliers sera indexé pour l’année d’imposition 2026. Le taux d’indexation sera de 2,05 % pour 2026.
À titre d’exemple, le montant personnel de base sera de 18 952 $ en 2026 comparativement à 18 571 $ en 2025. Les tranches de la table d’imposition seront également indexées comme suit :
Plusieurs autres montants, déductions, seuils de réduction et crédit d’impôt seront également indexés en conséquence.
Réduction des taux de cotisation au Régime des rentes du Québec et au Régime québécois d’assurance parentale
Afin de remettre de l’argent dans le portefeuille des Québécois, le gouvernement du Québec annonce une réduction des cotisations de base au Régime de rentes du Québec (« RRQ ») ainsi qu’au Régime québécois d’assurance parentale (« RQAP »).
Le taux de cotisation de base pour le RRQ sera établi à 10,6 % pour l’année 2026 comparativement à un taux de base de 10,8 % pour l’année 2025. La baisse de 0,2 % sera répartie également entre les salariés et les employeurs, de sorte que le taux de cotisation de base applicable aux salariés et aux employeurs sera fixé à 5,3 % respectivement.
Pour le RQAP, une réduction de 13 % des taux de cotisation sera applicable à partir du 1er janvier 2026. Les nouveaux taux seront les suivants :
- 0,430 % pour les employés (0,494 % en 2025);
- 0,602 % pour les employeurs (0,692 % en 2025);
- 0,764 % pour les travailleurs autonomes (0,878 % en 2025).
Congé temporaire de cotisation au Fonds des services de santé
Dans l’optique d’aider les entreprises des secteurs de l’agriculture, de la foresterie et des pêcheries, le gouvernement du Québec accordera un congé temporaire de cotisation au Fonds des services de santé (« FSS ») pour deux ans, à compter du 1er janvier 2026.
Ce congé s’appliquera plus spécifiquement aux entreprises et aux particuliers exerçant les activités suivantes :
- Cultures agricoles;
- Élevage et aquaculture;
- Foresterie et exploitation forestière;
- Pêche;
- Scieries;
- Usines de pâte à papier.
Prime payable au régime public d’assurance médicament
Les adultes qui ne sont pas couverts pendant toute l’année par un contrat d’assurance collective doivent généralement payer une prime au régime public d’assurance médicaments (« RPAM ») géré par la Régie de l’assurance maladie du Québec (« RAMQ »).
Un montant d’exemption déterminé en fonction de la composition du ménage du contribuable permet de réduire le revenu familial sur lequel est calculé la prime payable. Afin de protéger le pouvoir d’achat des contribuables, le gouvernement du Québec revalorise le montant des exemptions accordées comme suit :
Ces diverses mesures permettront de soutenir le pouvoir d’achat des Québécois et la compétitivité des entreprises.
Vos experts :

Alexandre Laturaze

Jasmine Demers Moreau















