Moore Stephens
Agroalimentaire

Agroalimentaire | Créer de la valeur sans tout réinventer grâce à l’innovation par le bénéfice

Dans un marché où l’offre alimentaire est saturée, innover ne signifie pas forcément créer un nouveau produit. L’innovation peut simplement consister à répondre autrement à un besoin existant, en offrant un nouveau bénéfice clair et perçu positivement.

« En d’autres mots, il s’agit de comprendre les besoins des consommateurs et de leur offrir une valeur tangible, pas forcément un produit inédit », explique Anouck Plante, Cheffe Développement, Marketing et Expérience Clients chez Demers Beaulne.

Répondre au même besoin… mais mieux

Dans le secteur alimentaire, le besoin est immuable : se nourrir. Ce qui évolue, ce sont les façons d’y répondre. Les nouvelles solutions — applications de livraison, repas prêts-à-cuisiner, plats prêts-à-manger — répondent à des attentes accrues de rapidité, de praticité et de tranquillité d’esprit.

« Les consommateurs cherchent des solutions simples, efficaces et utiles. Si on peut répondre à ce besoin de manière plus pertinente, plus pratique ou plus aligné sur leurs valeurs, on innove réellement », ajoute Anouck Plante.

Pour les entreprises agroalimentaires, ce principe est crucial : il n’est pas nécessaire de multiplier les références ou les ingrédients. L’important est de se concentrer sur les bénéfices concrets pour le consommateur et de segmenter l’offre selon les besoins spécifiques de chaque public.

Connaître son public, segmenter pour mieux innover

Dans un contexte économique incertain, comprendre ses consommateurs est fondamental. Identifier les segments, proposer des alternatives santé, des portions individuelles ou des services de livraison permet de répondre exactement aux besoins identifiés.

« Bien connaître son marché et son public cible est la clé. L’innovation qui ne répond pas à un besoin clair ne crée pas de valeur. Il faut également considérer l’élasticité des prix. On s’étonne de voir combien les gens sont prêts à payer plus cher pour un repas livré à la maison, simplement pour le bénéfice du temps et de la praticité. L’inverse peut également être possible pour les marchés moins libres financièrement », souligne Anouck Plante.

Ainsi, on peut avoir le produit le plus sophistiqué, mais si le bénéfice n’est pas évident, il passera inaperçu.

La nostalgie : un levier émotionnel puissant

Alors, comment se démarquer dans un marché saturé ? La nostalgie s’avère une option intéressante à envisager, selon Marie-Chantal Milette, experte couleur et fondatrice de Kryptonie The Color Agency. Confronté au stress, à l’instabilité économique et aux incertitudes politiques, le passé devient un refuge rassurant… surtout pour les Milléniaux.

Des initiatives comme les jeux derrière les boîtes de céréales ou les menus « Joyeux Festins » pour adultes chez McDonald’s montrent que la nostalgie peut créer un lien émotionnel fort, tout en apportant un bénéfice concret, explique Mme Milette. Ici : confort et plaisir simple.

« La nostalgie n’est pas juste un coup marketing. C’est un moyen de répondre à un besoin émotionnel réel, en offrant une expérience qui résonne avec les consommateurs, précise Anouck Plante. C’est un exemple parfait de comment on peut innover sans réinventer la roue. »

Et pour les cabinets-conseils? Même logique!

Cette approche s’applique aussi aux services professionnels, comme ceux de Demers Beaulne. Bien sûr, nous percevons nos clients non seulement comme des entreprises à conseiller, mais comme des partenaires à qui on apporte des bénéfices tangibles, adaptés à leurs besoins réels.

« Un cabinet-conseils ne se contente pas de produire des états financiers. Il offre des solutions qui allègent la vie de l’entrepreneur, qui optimisent ses décisions et qui lui permet de se concentrer sur les priorités de son entreprise en sauvant du temps. C’est exactement la même logique que pour les produits de consommation : comprendre le besoin, répondre avec un bénéfice clair et tangible, et rendre l’expérience mémorable. Il existe autant de façons de répondre au besoin de se nourrir que de façons de faire la tenue de livres. Transformer les données financières en outils d’aide à la décision, en indicateurs clairs et en leviers d’action, c’est là que la valeur se crée : au-delà du service de base », conclut Anouck Plante.

Innover ne consiste pas toujours à (ré)inventer

Innover ne veut pas dire créer quelque chose de totalement nouveau. Il s’agit de répondre à un besoin existant avec un bénéfice supplémentaire, et de trouver des leviers émotionnels ou pratiques – comme la nostalgie – pour marquer les esprits.

Cette logique est valable autant pour l’agroalimentaire que pour les services professionnels : offrir un avantage clair et mesurable est la clé de l’innovation réussie.

 

Plus de questions? Nous y répondons.

Quels sont les avantages et les inconvénients de l'innovation?

L’innovation génère des gains de compétitivité substantiels pour les entreprises agroalimentaires. Elle permet d’optimiser les processus de production, d’améliorer l’efficacité énergétique et de développer des produits plus durables qui répondent aux préoccupations environnementales actuelles.

Les retombées positives incluent une meilleure satisfaction client, une différenciation sur le marché et souvent une réduction des coûts opérationnels à long terme. L’innovation favorise également le maintien d’employés qualifiés et renforce la position concurrentielle face aux défis du secteur.

Côté défis, l’innovation implique des investissements considérables et des risques financiers non négligeables pour les entrepreneurs. Les projets peuvent nécessiter jusqu’à 12 ans avant de générer des retours, selon les experts du domaine. Les entreprises doivent aussi composer avec l’incertitude des résultats et la complexité de mise en œuvre des nouvelles technologies.

Quels sont les 3 piliers de l'innovation?

L’innovation agroalimentaire s’articule autour de trois piliers fondamentaux qui garantissent son succès et sa durabilité. Le premier pilier concerne la recherche et développement, où les entreprises investissent massivement dans de nouvelles technologies et procédés pour améliorer leurs produits.

Le deuxième pilier porte sur le transfert de connaissances et la collaboration avec les centres de recherche, universités et partenaires technologiques. Cette synergie permet aux entreprises d’accéder à des expertises spécialisées qu’elles ne pourraient développer seules.

Le troisième pilier repose sur la commercialisation et l’adoption des innovations par le marché. Une entreprise laitière peut par exemple développer un emballage comestible révolutionnaire, mais sans stratégie de mise en marché adaptée, cette innovation restera sans impact. Ces trois piliers fonctionnent en symbiose pour transformer les bonnes idées en avantages concurrentiels durables dans le secteur agroalimentaire.

Quels sont les 4 P de l'innovation? (4 types)

Le modèle des 4P de l’innovation classe les innovations selon quatre dimensions distinctes développées par Bessant et Tidd. Chaque type d’innovation répond à des objectifs spécifiques d’amélioration organisationnelle.

L’innovation Produit transforme directement l’offre commerciale en créant de nouveaux biens ou services. Tesla révolutionne l’automobile avec ses véhicules électriques haute performance. L’innovation Processus optimise les méthodes de production et de livraison, comme l’automatisation des chaînes manufacturières.

L’innovation Position repositionne un produit existant vers de nouveaux marchés ou contextes d’usage. Starbucks a ainsi transformé la perception du café en expérience sociale premium. L’innovation Paradigme bouleverse les modèles mentaux établis, à l’image de Netflix qui a redéfini totalement l’industrie du divertissement.

Cette classification aide les entreprises agroalimentaires à identifier précisément leur type d’innovation et à orienter leurs investissements vers les domaines les plus prometteurs pour leur développement.

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