Dans un contexte économique marqué par une forte incertitude, notamment en raison de l’évolution de la politique commerciale américaine, le gouvernement du Québec réaffirme l’importance d’utiliser les investissements publics en infrastructures comme un levier stratégique pour soutenir l’activité économique.
Ces investissements permettent à la fois de renforcer le potentiel de croissance du Québec et d’assurer la qualité et la pérennité des services publics.
Dans la continuité des engagements pris dans le budget 2025‑2026, visant à accroître ses investissements en infrastructures, le gouvernement annonce dans le présent budget une bonification substantielle de certaines mesures afin d’accélérer et d’élargir son effort d’investissement, soit :
5,2 G$ de plus sur six ans (2025‑2026 à 2030‑2031)
De cette somme, 3,4 G$ découlent d’une accélération des investissements entre 2026‑2027 et 2030‑2031, alors que 1,8 G$ correspondent à des versements anticipés en 2025‑2026.
3 G$ de plus au niveau du Plan québécois des infrastructures (PQI)
Portant ainsi l’enveloppe totale à 167 G$ pour la période 2026‑2027 à 2035‑2036. Le plan cible en priorité les secteurs suivants : Santé et services sociaux, Éducation et enseignement supérieur, Transport collectif et Réseau routier.
Accélérer la réalisation des projets économiques
Pour renforcer la compétitivité du Québec sur la scène internationale et attirer des projets d’envergure, le gouvernement juge essentiel d’accélérer la délivrance des autorisations nécessaires à leur réalisation. À cette fin, il a déposé le 9 décembre 2025 le projet de loi nº 5, qui vise à instaurer un processus d’approbation plus simple, plus efficace et plus prévisible. Le tout, en maintenant les normes élevées déjà en vigueur en matière de transparence et de protection de l’environnement.
En somme, ces mesures visent à accélérer la mise en œuvre de projets prioritaires, à renforcer la performance réglementaire du Québec et à soutenir sa croissance économique tout en protégeant les standards environnementaux.
Dans le cadre de cette réforme, une équipe dédiée sera mise en place au sein du ministère des Finances afin d’accompagner les promoteurs à chaque étape et de favoriser une coordination accrue entre les différentes parties prenantes.
Parallèlement, le gouvernement s’engage à optimiser la procédure d’évaluation environnementale, particulièrement dans les secteurs stratégiques comme celui de l’énergie. Cette modernisation prévoit de nouvelles responsabilités pour le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), qui devra disposer des ressources nécessaires pour analyser simultanément plusieurs projets majeurs.
Pour appuyer ces transformations, le budget 2026‑2027 prévoit :
5 M$ sur cinq ans pour l’administration du nouveau processus découlant du projet de loi nº 5;
6,9 M$ sur cinq ans pour soutenir le BAPE dans l’exercice de ses nouvelles responsabilités.
Mettre en place des infrastructures visant à accueillir les projets industriels
Afin d’accroître la capacité d’accueil de projets industriels d’envergure, le gouvernement mise sur deux leviers stratégiques:
- l’amélioration des infrastructures de transport
- la mise en valeur de terrains industriels.
L’objectif est de positionner la province comme un emplacement hautement compétitif pour les investisseurs, en réduisant les délais, les contraintes logistiques et les incertitudes liées au développement de nouveaux projets.
Le gouvernement annonce 14 M$ pour soutenir les entreprises et les municipalités dans le maintien et l’amélioration des infrastructures de transport ferroviaire et d’intégration modale.
Il prévoit également 4,5 M$ pour réaliser des études de valorisation de terrains industriels, dans le but de réduire les délais et les incertitudes pour les investisseurs. Pour les promoteurs, développeurs et entrepreneurs, ces mesures contribuent à accélérer la mise en œuvre des projets, sécuriser les sites d’implantation et améliorer la prévisibilité des investissements.
Nouveau volet du programme Rénoclimat
Le budget 2026‑2027 introduit un nouveau volet appelé « adaptation » pour le programme Rénoclimat. Il sera doté de 425 M$ sur cinq ans, afin d’aider les propriétaires à adapter et protéger leurs immeubles face aux changements climatiques. Ce programme offre un soutien financier et des conseils pour des travaux tels que l’isolation, l’étanchéité, la protection des fondations et l’installation de clapets antiretour, notamment dans les zones à risque d’inondation.
Bonification du programme LogisVert
Le budget prévoit également la bonification du programme LogisVert, déjà en place, avec 158,9 M$ sur quatre ans, afin d’encourager l’installation de thermopompes, y compris dans les immeubles multilogements.
Pour les propriétaires et investisseurs, ces mesures permettent de réduire les coûts d’exploitation et d’améliorer la valeur des immeubles. Pour les entrepreneurs en construction, elles se traduisent par une demande accrue pour des projets de rénovation, d’adaptation et d’efficacité énergétique, appuyés par des aides gouvernementales.
Accroître l’innovation et la productivité dans le secteur de la construction
Le gouvernement prévoit 283 M$ sur cinq ans pour améliorer la compétitivité économique du Québec grâce à l’innovation. Une part ciblée de ce montant, soit 22 M$, est consacrée à accroître l’innovation et la productivité dans le secteur de la construction, notamment par la mise en place du District de la construction innovante dans la MRC de La Nouvelle‑Beauce, ainsi que par le soutien à l’intégration de solutions technologiques et au développement des compétences.
Pour les entrepreneurs en construction, ces mesures soutiennent la modernisation des pratiques et l’amélioration de l’efficacité. Pour les promoteurs immobiliers, elles contribuent à accélérer la réalisation des projets et à renforcer la capacité de livraison du secteur.
Soutenir l’accès au logement : construction, maintien et rénovation du parc résidentiel
Dans son budget, le gouvernement regroupe plusieurs interventions sous la mesure « Soutenir l’accès au logement », pour un investissement total de 740,9 M$ sur trois ans. Cette somme vise à augmenter l’offre de logements par la construction de 1 000 logements abordables, à maintenir en logement les ménages les plus vulnérables, et à adapter et rénover le parc de logements existant afin de préserver la qualité et la durabilité des immeubles. Les montants prévus soutiendront autant la construction que la rénovation et l’adaptation des logements, dans un contexte de forte pression sur le marché locatif.
Pour les propriétaires, investisseurs et promoteurs, ces mesures créent des opportunités concrètes en développement, rénovation et maintien d’actifs tout en répondant aux pressions sur le marché du logement.
Lutte contre le travail au noir dans le secteur de la construction
Dans le but d’assurer une plus grande conformité dans le secteur de la construction résidentielle, où les pertes fiscales sont importantes, plusieurs initiatives seront entreprises par Revenu Québec et ses autres partenaires, notamment dans le cadre du comité d’ACCES1 construction, soit :
Assurer une présence plus soutenue sur les chantiers de construction résidentielle, notamment en rénovation de résidences privées, avec le consentement de l’occupante ou de l’occupant, en menant des activités de sensibilisation ciblées et personnalisées ainsi que des interventions nécessaires à l’application ou à l’exécution d’une loi fiscale;
Mettre en place une équipe multidisciplinaire ayant comme objectif de créer et de tester de nouvelles stratégies d’intervention novatrices et concertées dans le secteur de la construction résidentielle pour favoriser la conformité fiscale;
Permettre un meilleur échange d’informations entre les partenaires d’ACCES construction afin d’optimiser leurs interventions. À ce titre, des travaux seront entamés pour identifier les renseignements qui pourraient être échangés et justifier, le cas échéant, les exceptions qui pourraient être apportées aux règles relatives au secret fiscal afin d’accroître les informations pouvant être partagées par Revenu Québec;
Simplifier le parcours client pour les entrepreneurs et mettre en place des services d’accompagnement afin d’éviter des erreurs fréquentes et des problèmes techniques dans les déclarations et les paiements, ce qui favorisera la conformité fiscale.
Construction résidentielle et marché du logement
Le marché résidentiel québécois se distingue par une activité supérieure à celle observée dans de nombreuses autres provinces. Cette vigueur s’appuie sur des conditions de financement relativement favorables et sur un niveau d’abordabilité plus élevé que dans le reste du Canada.
La demande pour les propriétés demeure ferme, tant du côté des nouvelles constructions que de la revente. Cette situation s’explique par plusieurs facteurs :
- une croissance démographique soutenue ;
- une baisse des taux hypothécaires ;
- l’effet cumulatif des mesures gouvernementales visant à accroître l’offre de logements.
La progression du nombre de mises en chantier y est particulièrement notable. Après une hausse marquée en 2024, les nouvelles constructions ont poursuivi leur croissance en 2025. Cette tendance tranche avec le ralentissement observé dans plusieurs juridictions, notamment en Colombie‑Britannique et en Ontario, où les mises en chantier ont reculé.
Après cette croissance de 14,5% entre 2023 et 2025, les investissements résidentiels réels progresseraient légèrement en 2026 (+0,3%) avant de diminuer en 2027.
Malgré cette modération, l’activité dans le secteur demeure soutenue. En effet, la construction résidentielle neuve devrait maintenir un rythme élevé au cours des prochaines années. Après avoir atteint 59 900 mises en chantier en 2025, le volume des nouvelles unités devrait s’établir à 56 000 en 2026, puis à 49 000 en 2027, des niveaux qui demeurent supérieurs à la moyenne annuelle observée avant la pandémie, soit 44 200 unités entre 2010 et 2019.
Parallèlement, le marché de la revente au Québec se distingue également par sa vigueur, contrairement aux reculs observés dans certaines autres provinces telles que l’Ontario et la Colombie‑Britannique. Après avoir enregistré une forte croissance en 2024 et en 2025, les transactions résidentielles continueront de progresser au cours des prochaines années, atteignant 99 400 en 2026 et 101 700 en 2027. Ces volumes se situent nettement au‑dessus de la moyenne annuelle observée entre 2010 et 2019, période durant laquelle le marché enregistrait environ 79 400 transactions par année.
Cette dynamique favorable du secteur résidentiel s’explique en partie par l’intervention soutenue des autorités publiques. Dans un contexte de pénurie de logements, le Gouvernement du Québec, en collaboration avec les municipalités, a déployé diverses mesures visant à stimuler la construction résidentielle. Depuis l’automne 2018, environ 4,3 G$ ont été engagés pour la réalisation de nouveaux logements, principalement sociaux et abordables. Ces investissements permettront la livraison d’environ 25 500 unités abordables entre 2023‑2024 et 2028‑2029.
Bien que l’offre d’habitation reste élevée, notamment grâce au maintien d’un bon rythme de construction, le ralentissement de la croissance démographique commence à modérer la demande. Cette dynamique réduira les déséquilibres sur le marché de l’habitation et atténuera les pressions haussières récemment observées sur les prix du logement.
Le taux d’inoccupation des logements locatifs est passé de 1,8% en 2024 à 2,7% en 2025, signe d’un rééquilibrage amorcé et d’un allégement des pressions à la hausse sur les loyers.













