Moore Stephens
Actualité canadienne

Vacances de la construction : la meilleure période pour travailler sur votre entreprise

Chaque été, les vacances de la construction reviennent comme un incontournable du paysage québécois. Instaurées au début des années 1970, elles touchent aujourd’hui une part importante de la main-d’œuvre et entraînent la mise sur pause de la majorité des chantiers de la province.

On estime d’ailleurs qu’environ le quart des travailleurs québécois sont en vacances durant cette période.

Pour plusieurs entreprises, ces deux semaines riment avec ralentissement :

    • délais de livraison,
    • approbations reportées,
    • chantiers interrompus,
    • partenaires difficiles à joindre.

Mais au-delà des inconvénients, cette pause collective met en lumière une réalité souvent sous-estimée : l’importance de l’industrie de la construction dans l’économie québécoise.

Quand la construction ralentit, c’est tout un écosystème qui ralentit

Une plomberie qui lâche.

Une thermopompe qui cesse de fonctionner.

Un projet immobilier qui attend l’approbation d’un partenaire.

Une rénovation reportée à la rentrée.

Pendant les vacances de la construction, plusieurs Québécois constatent concrètement à quel point cette industrie est omniprésente dans leur quotidien. Et pour cause.

La construction représente près de 30 G$ d’activité économique annuellement au Québec, soit environ 6,8 % du PIB provincial, et soutient plus de 300 000 emplois.

Mais son influence va bien au-delà des chantiers. Derrière chaque projet se trouve un vaste réseau composé de fournisseurs, manufacturiers, transporteurs, promoteurs immobiliers, institutions financières, ingénieurs, architectes et professionnels de nombreux secteurs.

Lorsque les chantiers ralentissent, c’est tout cet écosystème qui ressent l’effet d’entraînement.

Une occasion de travailler sur son entreprise

Pour les organisations qui demeurent ouvertes pendant cette période, ce ralentissement peut représenter une occasion stratégique. Les appels sont moins nombreux. Les réunions se raréfient. Plusieurs projets avancent à un rythme plus lent.

Plutôt que de voir cette période comme une parenthèse improductive, les dirigeants peuvent en profiter pour prendre du recul et travailler sur des dossiers qui peinent habituellement à trouver une place dans l’agenda.

 

1. Revoir ses indicateurs financiers

    • Avez-vous atteint vos objectifs de la première moitié de l’année?
    • Quels clients, projets ou services génèrent réellement vos meilleures marges?
    • Votre trésorerie est-elle alignée avec vos ambitions pour les prochains mois?

Une analyse à mi-parcours permet souvent d’identifier des ajustements simples qui auront un impact important d’ici la fin de l’exercice. Pour plusieurs PME, cette analyse révèle des écarts surprenants entre le volume d’affaires et la rentabilité réelle. Une revue des marges, des coûts de projets, de la trésorerie ou des prévisions financières peut permettre d’identifier rapidement des occasions d’amélioration avant la fin de l’exercice.

C’est d’ailleurs le type d’exercice que réalisent régulièrement les équipes spécialisées en performance financière de Demers Beaulne auprès de dirigeants qui souhaitent prendre leurs décisions à partir de données concrètes plutôt que d’intuitions.

 

2. Optimiser ses processus

Les périodes plus calmes sont idéales pour :

    • documenter les procédures;
    • éliminer les étapes inutiles;
    • clarifier les rôles et responsabilités;
    • réduire les tâches administratives répétitives.

Chaque heure économisée à l’automne représente un gain de productivité durable.

 

3. Faire avancer ses projets technologiques

Plusieurs entreprises profitent également de cette période pour accélérer certains projets technologiques qui peinent à trouver leur place dans le quotidien.

Qu’il s’agisse d’automatisation, de l’implantation d’un ERP, d’infonuagique ou encore de l’intégration de solutions d’intelligence artificielle, les périodes plus calmes offrent souvent les meilleures conditions pour préparer les gains de productivité de demain.

 

4. Préparer le sprint de l’automne

Septembre arrive plus vite qu’on le pense. Les entreprises qui profitent de juillet pour planifier la suite sont généralement mieux positionnées pour :

    • gérer leur croissance;
    • recruter;
    • lancer de nouveaux projets;
    • respecter leurs objectifs financiers.

Pour les entreprises de construction : le moment de prendre du recul

Pour les acteurs du secteur, cette période constitue également une excellente occasion de faire un bilan.

Quelques questions à se poser :

    • Quels projets ont été les plus rentables jusqu’à présent?
    • Où avons-nous perdu du temps ou des ressources?
    • Nos outils répondent-ils encore à nos besoins?
    • Sommes-nous prêts pour les projets à venir?
    • Quels investissements pourraient améliorer notre productivité?

Transformer une pause en avantage

Les vacances de la construction nous rappellent que derrière chaque chantier se cache un vaste écosystème d’entreprises qui contribuent à la vitalité économique du Québec. Elles offrent aussi une occasion rare aux dirigeants de sortir du mode opérationnel pour prendre du recul sur leurs finances, leurs processus et leurs projets de croissance.

Car parfois, les meilleures décisions d’affaires se prennent justement lorsque l’activité ralentit.

 

Vous avez d’autres questions? Nous y répondons.

Quelles dates (quand) sont les deux semaines de congé de la construction (CCQ) en 2026?

En 2026, les vacances de la construction se déroulent du 19 juillet au 1er août inclusivement. Tous les chantiers sont obligatoirement fermés durant ces deux semaines, conformément aux conventions collectives négociées par les parties patronales et syndicales sous l’encadrement de la Commission de la construction du Québec (CCQ).

Ces congés annuels obligatoires touchent l’ensemble des travailleurs de la construction assujettis à la Loi R-20, à l’exception des secteurs du génie civil et de la voirie. La période estivale est fixée chaque cycle lors des négociations des conventions collectives, ce qui signifie que les dates peuvent varier légèrement d’une année à l’autre.

À quelle date sera versée la paie de vacance / paye CCQ?

La CCQ verse les indemnités de vacances selon un calendrier précis, établi en deux versements annuels. Le premier chèque est transmis dans les huit derniers jours de juin, couvrant les montants crédités entre juillet et décembre de l’année précédente.

Le second versement arrive dans les huit derniers jours de novembre, pour les montants accumulés entre janvier et juin de la même année. Concrètement, un travailleur qui a accumulé des heures tout au long de l’hiver recevra donc sa paye de vacances d’été aux alentours du 24 juin.

Le paiement se fait par chèque postal ou par dépôt direct, selon les préférences enregistrées auprès de la CCQ. Vérifier ses coordonnées bancaires à jour évite bien des délais inutiles au moment où les fonds sont attendus.

Pourquoi y a-t-il des vacances de la construction?

Ces vacances ont une origine bien précise : elles ont été officiellement instaurées en 1971 par la Loi R-20, dans un contexte où les conditions de travail dans l’industrie de la construction étaient souvent précaires et peu encadrées.

Avant cette loi, les travailleurs ne bénéficiaient d’aucune période de repos garantie. L’objectif était double : protéger la santé des travailleurs et standardiser les pratiques à l’échelle de l’industrie.

Depuis 1970, ces congés sont devenus officiels par décret gouvernemental. Aujourd’hui, c’est la CCQ qui en assure le respect, et les dates sont fixées lors des négociations des conventions collectives entre employeurs et syndicats, généralement pour couvrir deux semaines en juillet.

Est-ce que les vacances de la construction sont obligatoires?

Oui, sans exception. Les chantiers de construction doivent obligatoirement fermer pendant cette période, et tout travail exécuté malgré tout doit être rémunéré au taux de salaire majoré prévu par les conventions collectives sectorielles.

Cette obligation s’applique aux travailleurs assujettis à la Loi R-20, soit la grande majorité des métiers de la construction au Québec. Les secteurs du génie civil et de la voirie font figure d’exception notable à cette règle.

Du côté de la rémunération, les indemnités de vacances ne sont pas versées par l’employeur directement. C’est la CCQ qui transmet les chèques aux travailleurs, deux fois par année, à partir des montants que les employeurs lui ont versés mensuellement. Pour l’employeur, seules les heures réellement travaillées pendant la période sont à sa charge.

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